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 ---> Bicycle in Motion de José Bruffaerts (partie 1)

Le vélo dans la peinture©
cet article est la copie autorisée de l’article© "Bicycle in Motion" de José Bruffaerts
(quelques petites précisions ont été rajoutées par nos soins)
A propos des Droits d’auteur-Copyright : Lire "ici" !

Après le nu académique, la nature morte, le paysage et la marine, la "Petite Reine" est un thème qui inspire abondamment les artistes peintres de tous les bords, de tous les mouvements, de tous les styles, de tous les temps, utilisant les supports (toile, etc.), les outils (couteau, etc.), les techniques et procédés picturaux les plus divers.

Dès lors, ne vous étonnez pas de retrouver au panthéon de la peinture, un tableau du maître et fondateur de l’impressionnisme, Claude Monet (1840-1926), représentant son fils Jean Monet (1867-1913) sur son cheval de passe-temps dans le jardin de sa maison à Argenteuil. Le tableau huile sur toile (60,6 x 74,3 cm) a été exécuté en 1872 c’est-à-dire deux ans avant la première manifestation de l’impressionnisme.



Un autre monstre sacré de l’entre-deux-guerres est allé jusqu’à peindre bon nombre de ses toiles aux loisirs du début du XXe Siècle et plus particulièrement, à la bicyclette. Le regard artistique de Fernand Léger (1881-1955), amené au cubisme par les œuvres de Cézanne, évolua tout au long de son existence en fonction des événements et de son lieu de résidence.

« Les Quatre Cyclistes » posent au cours d’une fête. Le balayage des projecteurs lui donne l’idée de séparer la couleur du dessin figuratif. Comme il avait été impressionné par le jeu des projecteurs publicitaires dans les rues de New-York, il fit en sorte de reproduire cette sensation sur la toile. Mais laissons l’auteur s’exprimer lui-même : « je parlais à quelqu’un, il avait la figure bleue, puis vingt secondes plus tard, il devint jaune...cette couleur-là...elle était libre, elle était dans l’espace. J’ai voulu faire la même chose dans mes toiles. »



Un autre dinosaure de la peinture deviendra un passionné de la petite reine : il s’agit d’Henri de Toulouse Lautrec (1864-1901). Il monta à Paris en 1882 où il fit la connaissance de Tristan Bernard, rédacteur en chef du « Journal des Vélocipédistes ». Ce dernier, en devenant directeur du vélodrome de Buffalo en 1895, l’introduira dans le milieu de la course cycliste où il fera la connaissance de Louis Bouglé, un fervent du sport cycliste ancien coureur, puis entraîneur et chroniqueur sous le pseudonyme de L.B. Spoke lequel fréquentait assidûment les vélodromes et particulièrement le Buffalo à Paris .

Louis Bouglé devint le représentant en France des chaînes à vélo anglaises "Simpson" et possédait un commerce de cycles sur le Boulevard Haussmann à Paris. C’est d’ailleurs à cette occasion, en 1896, qu’il passa commande à Toulouse-Lautrec d’une affiche vantant les fameuses chaînes. Au second plan de cette célèbre affiche de Toulouse-Lautrec, il est possible de distinguer la silhouette imposante de Tristan Bernard à coté de celle de L.B. Spoke, alias Louis Bouglé.



Kees Van Dongen (1877-1968), le portraitiste du Tout-Paris « le peintre des névroses galantes », peignit en 1947 « La bicyclette sous la pluie ». Une aquarelle et huile sur papier cartonné 23,2 x15,2 cm ( 41300 €) qui ne fait probablement pas l’unanimité.



Et comme ultime exemple à mon préalable, il me plaît d’évoquer « l’Acrobate à la bicyclette » huile sur toile 230 x 150 cm (1955) de Bernard Buffet (1928-1999). Une peinture qui reflète le drame existentiel qui renvoie une image que l’être humain exècre : la sienne. L’artiste témoigne puissamment du désarroi qui existait pendant les années cinquante et exprime l’inaction de ses personnages, leur vie absurde, comme un mal dont le contemporain était lui-même victime.



Ces artistes peintres connus et reconnus ne sont pas les seuls à avoir mis la bicyclette en évidence. Ainsi, on relève encore le maître du surréalisme, Salvador Dali (1904-1989) qui met en 1932 son grain de sel dans l’annonce de « Babaouo », une affiche d’un film surréaliste tourné en collaboration avec Buñuel.



Tous ces artistes peintres de renom m’avaient donné l’idée de reproduire en un vaste dossier toutes les peintures, dessins, aquarelles et autres collages traitant l’aspect de la bicyclette.

Un projet qui s’est très vite avéré impossible, fastidieux et tout à fait dénué d’intérêt, car avec l’avènement du Pop Art, du printmaking et des autres courants picturaux, les galeries d’art croulent sous le poids des œuvres qui représentent des vélos.

A l’heure actuelle, les vélos bleus, rouges et verts saturent les murs des salles d’exposition. A supposer que tous les peintres contemporains aient eu un jour un coup de cœur pour une bécane.

Des artistes, tels que l’américaine Taliah Lempert ou l’italienne Marina Sissa par exemple, en produisent des séries industrielles. De toutes les couleurs, de toutes les formes. Mais beaucoup trop souvent, il s’agit de représentation statique et inerte. Une bicyclette sans âme, une nature morte !


Bike Stack Mini 08-21 jaune 2010 . Sérigraphie sur papier 6 x 11" . Taliah Lempert - Site internet : http://www.bicyclepaintings.com/index.html


Peinture de Marina Sissa - Site internet : http://digilander.libero.it/ie/index.html


Or, vélo ne rime-t-il pas avec mouvement ? N’est-ce pas Albert Einstein (sur son vélo à Santa Barbara en Californie) qui affirmait que pour garder l’équilibre à vélo, il fallait nécessairement se mouvoir ! C’était la Belle Epoque ! Rien n’était impossible ! Nous étions au début du 20e siècle, une époque passionnante où les fondements intimes de la physique étaient ébranlés par deux nouvelles théories importantes : la relativité et la mécanique quantique.


En 1905, à l’époque où Albert Einstein planche sur le mouvement brownien et dévoile sa théorie de la relativité restreinte, l’aventure d’un nouveau mouvement littéraire et artistique prend son envol : le futurisme.


Le mouvement, né en Italie sous l’impulsion du poète Marinetti, se veut un mouvement capable d’embrasser tous les aspects de la culture. Plus encore, il se veut un art de vivre. Il prône l’amour de la vitesse, de la violence, de la machine, le mépris de la femme, la guerre comme seule hygiène du monde définissant la nouvelle peinture comme un « art dynamique » à l’image du monde qui évoluait à une vitesse folle. Dans les années 1910, les peintres futuristes représentent des voitures et des vélos ; dans les années 30, ce sera l’avion. Leur but, c’est de mettre en évidence le bruit et les couleurs que le mouvement et la vitesse impliquent. C’est la raison pour laquelle on ne trouve trace d’aucun nu, ni nature morte ou paysage chez eux. Le dénouement de ce mouvement sera tragique puisqu’en devenant art officiel fasciste sous Mussolini et il disparaîtra avec lui.
Quoi qu’il en soit et bien que toute représentation artistique soit louable en soi, je préfère donc le vélo dynamique au vélo statique.
En conséquence, je vous propose de passer en revue les œuvres de quelques peintres futuristes qui se sont attachés à glorifier la « Petite Reine ».


Considéré comme le « prince des futuristes » par Marcel Duchamp, signataire du Manifeste des peintres futuristes en 1910, Umberto Boccioni (1882-1916) est un artiste italien qui est l’une des figures principales du mouvement futuriste mais aussi le théoricien du groupe pour les arts plastiques. Il préconisait un complémentarisme de la forme et de la couleur. A savoir, faire la synthèse des analyses de la couleur et celle de la forme. Sans entrer dans les détails, je résumerais que son but était d’unir la technique de Seurat (le pointillisme) à celle de Picasso (le cubisme).


Umberto Boccioni - le cycliste - 1913


Umberto Boccioni - Dynamisme d’un cycliste - 1913 - Lithographie sur papier


Umberto Boccioni - Dynamisme d’un cycliste - 1913


Egalement signataire du Manifeste des peintres futuristes en 1910. Etabli à Paris dès 1906, Gino Severini (1883-1966) assume un rôle important dans la diffusion du mouvement en France. « Le Cycliste », peint en 1956, rappelle ses attaches au pointillisme et au cubisme. Toutefois, à la différence des autres futuristes, bien que lui-même interpellé par la vitesse et le dynamisme de la vie moderne, il préfère aux engins motorisés la figure humaine en mouvement, ainsi que les natures mortes. Son art évoluera tout au long de sa vie à telle enseigne que pointilliste à ses débuts, il subit l’influence du cubisme et du futurisme pour expérimenter après les années 20, le style figuratif néo-classique. Après 1950, il réalisera même quelques tableaux abstraits.


Gino Severini - le cycliste - 1956 - lithographie sur papier vélin


Signataire du « Manifesto dell’Aeropittura » (Manifeste de l’aéropeinture) en 1929. Connu pour ses fresques murales. Gerardo Dottori (1884-1977) est resté fidèle au mouvement futuriste toute sa vie.


Gerardo Dottori - Cycliste - 1914 - pastel sur papier

« Mediante gli stati d’animo delle velocità aeroplaniche ho potuto creare il paesaggio terrestre isolandolo fuori tempo-spazio nutrendolo di cielo per modo che diventasse paradiso »
« Grâce à la dynamique dégagée par la vitesse de l’avion, j’ai pu créer le paysage terrestre détaché de la notion espace-temps du ciel pour qu’il devienne le paradis ».
Cette citation du peintre ressemble fort à un clin d’œil adressé à A. Einstein pour sa relativité restreinte !


Gerardo Dottori - Cycliste - 1916 - acquarelle sur papier


Gerardo Dottori - Cycliste - 1969 - lithographie sur papier


Gerardo Dottori - Ciclista - 1925 - encre de chine sur papier


Décorateur, designer de renom, metteur en scène et peintre. Fortunato Depero (1892-1960) publie en 1915 avec Giacomo Balla un manifeste intitulé « Ricostruzione futurista dell’universo ». Un de ses thèmes préférés sera de mettre en évidence l’importance des éléments mécaniques par une transposition systématique du corps humain en marionnette. Très actif dans la décoration du milieu théâtral, il déploya également une grande activité littéraire en publiant de nombreux manifestes.


Fortunato Depero - le cycliste traverse la ville - 1945


Fortunato Depero - cyclistes - 1922


Fortunato Depero - cyclistes - 1923


Fortunato Depero - Poster pour la marque Bianchi - 1924


Fortunato Depero - cycliste fumeur - 1925 - collage papier couleur


Après les premiers essais sous le signe du dynamisme de Boccioni, Enrico Prampolini (1894-1956) assurera la liaison avec d’autres œuvres d’avant-garde internationale grâce à son magazine « Nous ».
Eminent représentant de la deuxième vague futuriste, l’artiste occupe une place prépondérante dans le paysage européen de l’art abstrait. Il se caractérise par son profond intérêt pour le dynamisme.


Enrico Prampolini - Dynamism of a cyclist - 1921


Luigi Enrico Colombo, dit Fillia (1904-1936). Le mythe de la machine est à la base de ses premières œuvres. En 1927, il rejoint le carré parisien de l’avant-garde européenne. C’est dans ces mêmes années que sa peinture se rapproche beaucoup de celle de Prampolini. A partir de 1932, il se lança dans une série de peintures monumentales et de décorations murales. Son art s’oriente vers un langage abstrait.


Fillia (Luigi Enrico Colombo) - Bicycletta, Fusione di Paesaggio - 1924 - Huile sur carton - 49,5 x 60 cm


Enzo Benedetto (1905-1991) est l’un des tout derniers artistes à se rattacher au mouvement futuriste crée par T. Marinetti et U. Boccioni en 1909. Natif de Reggio di Calabria, il rejoint Rome en 1931 et adhère aussitôt au « Manifesto dell’Aeropittura » qui prône le développement de la poésie futuriste dans laquelle l’avion est la nouvelle référence de la perception futuriste. De 1950 jusqu’à sa mort, il mettra toute son énergie au service de la survie du Futurisme en créant les revues « « Arte Viva » et « Futurismo Oggi ».


Enzo Benedetto - Ciclista - 1926


Voir suite -> Bicycle in Motion de José Bruffaerts (partie 2)

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