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 ---> La Méridionale-Montagne Ardéchoise 2012 des frères Fasy (620 km)

L’ARDECHOISE EN PIERROTS DE LUNE

Il est 10 h ce mercredi 13 juin quand on s’inscrit sur la Méridionale-Montagne Ardéchoise, distance 620 kms, dénivelée 11000m, cols 37, sans hébergement svp.

Comment ? Ah bon ? Ils sont déjà tous partis, entre 6h et 9h ce matin, bon en trois jours alors ... Le lendemain Jeudi 14 juin avec le sac à dos dans lequel on a le minimum à savoir une paire de basket, une couverture de survie, quelques sous- vêtements, il est 6h pétante quand nous passons le sas sous l’œil bienveillant de Gérard Mistler que nous saluons.


Nous sommes moins nombreux sur 3 jours, le premier arrêt ravitaillement se fait à Vernoux puis on file comme le vent en glanant ici et là les encouragements les attentions les dévouements les patiences de tous, bref tout ce qu’il y a de bon en l’humain se révèle autour de cet Avènement devrait-on dire tellement il est prospère pour ce département de l’Ardèche.

On a déjà fait plus de 100 kms et 2000m de dénivelée environ, le grand frère a un doute il est courbaturé et il a un point de côté bref il gamberge et envisage une rentrée prématurée, il ne m’en parle pas sur le moment ... Puis le temps passe il est 19h à St Remèze et l’hébergement pour tous mais pas pour nous... Enfin on arrive à Banne il est presque 21h le point de contrôle est fermé, on se restaure à l’auberge et il est largement plus de 22 h quand on traverse le haut du bois de Païolive à la frontale, c’est dantesque avec ces concrétions calcaire, entre chiens et loups et cochongliers c’est comme dans un album d’Astérix, çà part de tous les côtés à l’orée des bois çà grogne çà fouisse, on lève le pied de peur d’en charger un gros sur le vélo ...

Après une nuit de sommeil précaire sur un terrain privé du plateau des gras au- dessus des Vans nous revenons sur Banne pour passer le portique il est 7h00, nous sommes les premiers on nous bichonne c’est merveilleux et il faut se faire violence pour repartir après le premier jour et pas loin de 300 kms parcourus et + de 3000 m de dénivelée.

L’émerveillement est sans cesse renouvelé au pays des Vans, on aborde la très belle vallée du Chassezac qui s’élève toute en douceur pour se préparer au redoutable passage du col de Teste Rouge le bien nommé, un satisfécit pour le village de Sainte-Marguerite-Lafigère, au pied du fameux col, quel buffet, avec pour l’accompagner un groupe vocal et un répertoire de chansons de chez nous, il n’est pas facile de repartir après pareil accueil... Il y a Paul Malbos le correspondant local pour l’Ardéchoise au pays des Vans, il est comme St Benoit il ne croit que ce qu’il voit, il a entendu parler de Michel il veut le voir passer le fameux col ...

Ouf ! Le teste rouge est derrière nous et à peine a- t-on savouré la soupe au refuge du village de Montselgues qu’une moto d’FR3 Rhônalpes déboule en trombe, le caméraman filme Michel puis les deux compères à motos détalent comme des voleurs, d’images en l’occurrence, sans savoir vraiment ce qu’ils avaient mis dans la boite ... Quelqu’un aurait-il vendu la mèche ? Je soupçonne Paul le correspondant...

On traverse le plateau de Langogne puis la remontée particulièrement éprouvante en direction de Borne, à chaque fois la rencontre avec les villageois est un bain de jouvence, comme cette Manon des sources qui se démène pour sauvegarder les vestiges de cet incroyable château du seigneur de Borne, soyez adoubée jolie Bergère Bourniquelle ... J’ai calculé après notre rencontre que si l’Ardéchoise ne vous reversait que quelques cts d’euros pour chaque inscription, cela ferait un joli pécule chaque année pour vous soutenir dans la restauration de ce patrimoine qui vous tient tant à cœur...

Enfin les Estables il est 21 h et toujours SHF, sans hébergement fixe, on fait une tentative au VVF, une dame tergiverse à l’accueil sur un planning surchargée de cyclos bien restaurés et déjà dans les pantoufles depuis un bon bout de temps ... On suscite leur curiosité. Finalement on nous oriente vers un hôtel proche du VVF. Un grand merci à vous l’hôtelière dont l’hôtel aussi était complet mais qui avait téléphoné partout pour nous trouver un hébergement ... Puis un habitant nous indique la salle hors sac de la maison forestière ou l’on pourra dormir à l’abri, on se résigne à remonter sur le vélo elle est située à plus de 2 kms et çà grimpe sévère parait-il...
Nous allions sortir du village quand un homme providentiel nous interpelle il s’étonne de nous voir encore sur le vélo à la nuit presque tombée et très vite il appelle sur son portable ... A peine dix minutes après nous occupons une des chambres à deux lits du personnel non occupée du VVF, avec tout le confort sanitaire, il est plus de 22 h 30 après la douche on se couche dans des draps moelleux, personne pour nous bercer ... Alors Christophe responsable du VVf, elle est à toi cette chanson de l’Auvergnat qui sans façon ...

Il est 6h30 du matin et nous sommes les premiers au p’tit déjeuner 4 étoiles du VVF, bien nous en pris quand nous le quittons la file d’attente s’est allongée à l’entrée...
Pour le dernier jour il y a déjà beaucoup de monde sur la route, c’est hallucinant dans la moiteur du petit matin de ce paysage bucolique, des cyclos bigarrés en procession qui s’étire lentement à perte de vue dans les premiers rayons de soleil. On se prend à rêver que la vie de tous les jours ressemble à cela, des rapports sereins, apaisés entre les Hommes dans l’effort librement accepté et partagé ...

On a bien fait de s’avancer la veille jusqu’au Estables pour cette dernière journée de 130 kms environ, on peut prendre le temps de flâner un peu, quoique avec Michel c’est terrible, dans la vie de tous les jours il serait assez flegmatique et plutôt lent, mais sur le vélo c’est un chameau et sobre avec ça...

Il y a de plus en plus de monde sur les parcours convergeant mais cela reste fluide, aux points de ravitaillement toujours la même convivialité le même accueil partout chaleureux et cette arrivée sur St Agrève et les milliers de cyclos que l’on découvre un peu moins empressés, puis Rochepaule et Lalouvesc avant d’amorcer sur St Félicien la longue descente ou çà sent bon les foins et surtout la litière fraîche ...
On passe la ligne il est 14h30, les Héros sont éprouvés il faut rentrer sur St Péray en vélo, non là je plaisante ...

Un bon repas nous attend dans une irréprochable organisation et un satisfecit à Pierre Martinet le traiteur et à Bourganel pour sa bière blonde myrtille et châtaigne produite en Ardèche, le nougat fabriqué prés d’Aubenas ...

Michel est ravi, il a réussi son pari fou, avec un seul plateau de 52 à l’avant et une roue libre équipée d’un seul pignon à l’arrière de 17 dents ... Un grand Bravo à toi mon Frérot et merci une fois de plus pour cette formidable escapade ...

Je me suis beaucoup amusé au fil des jours avec les interrogations et commentaires ou affirmations péremptoires de certains cyclos très observateurs intrigués par ton braquet, assistance électrique pour certains, elle est dans la boite de pédalier non dans le moyeu arrière pour d’autres, une boite de vitesse c’est sûr dans le moyeu arrière ou le pédalier ... Dans le bidon alors ... Non il marche à l’eau de l’Ardèche, naturelle fraîche et pétillante véritable richesse de ces montagnes. Ah ! J’oubliais de vous dire aussi qu’il a 77 ans...

Qu’elle réussite cette anniversaire 2012... Un grand merci aux huit milles bénévoles pour la plupart anonymes qui donnent généreusement de leur temps.

L’ARDECHOISE aura toujours 20ans !! Nous aussi !!

Ch.Fasy

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